Discours du 7 juillet 2016 – Fête républicaine

 Monsieur le Préfet,

Monsieur le Recteur,

Mesdames et messieurs les parlementaires, Madame la Maire de Nantes,

Mesdames et messieurs les élu-es , mes cher-es collègues,

Mesdames et Messieurs,

À vous toutes et tous qui contribuez  chaque jour à faire vivre la Loire-Atlantique,

Merci d’être présents ce soir pour fêter la République, pour honorer ses valeurs : la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité ; pour honorer la jeunesse, les collégiens, apprentis citoyens que nous venons de découvrir dans cette vidéo ; et plus largement pour honorer toutes celles et tous ceux qui animent notre beau département de Loire-Atlantique.

Nous nous retrouvons  ce soir  ous cette affiche qui illustre cette remarquable exposition  que nous avons accueillie ici durant ces derniers mois  et qui s’est envolée cette semaine  pour parcourir  le monde. “Mémoires libérées” pour raconter  l’histoire : celle des esclavages dans le monde, pour dire l’atrocité qu’il y a à priver les Hommes de liberté et à nier jusqu’à leur Humanité, pour évoquer des heures noires de notre histoire commune, pour que chacun d’entre nous puisse dire “plus jamais ça”. Et pourtant l’histoire se répète  sous d’autres formes  d’autres prétextes d’autres folies humaines. Ce début d’année ne nous a pas épargné. Des femmes, des hommes, souvent jeunes, mais toujours innocents, sont tombés sous les balles de fanatiques. Ici en France mais aussi en Belgique, aux États Unis, en Turquie, en Irak, certains tuent au nom de prétendus Dieux quand il s’agit en fait d’un crime contre l’humanité, propagé aux quatre coins du monde.

Faudrait-il céder dès lors à cette forme de terreur ? Au contraire, il nous faut continuer à résister contre tous les fanatismes, contre tous les obscurantismes.

Bien sûr il faut protéger nos concitoyens, bien sûr il faut nous défendre contre ces attaques meurtrières, et je voudrais ici saluer l’engagement et le courage de l’ensemble des forces de sécurité, mobilisées dans tout le pays et au delà de nos frontières.

Mais nous le savons bien, cette protection, aussi efficace soit-elle, ne suffira pas à endiguer ce fléau. Le meilleur rempart contre ces fanatismes c’est de continuer et même de renforcer notre engagement pour l’éducation, la culture, l’émancipation des citoyens. C’est notre attachement à la laïcité, à la liberté de conscience, à la justice. C’est la recherche permanente d’un modèle équilibré de développement humain, économique et environnemental, ici en France et en Europe mais aussi partout dans le monde. C’est justement pour cela que nous avons accueilli l’exposition Mémoires libérées. C’est pour cela que nous avons partagé  l’histoire de la traite négrière avec des centaines de collégiens, pour apprendre, pour comprendre. Comprendre cette part d’histoire qui est aussi notre histoire ici, en Loire-Atlantique, l’histoire de nos villes, l’histoire de nos ports.

L’Histoire dont l’apprentissage, la connaissance, permettra, j’en suis convaincu, de dessiner un avenir meilleur.

Le présent  nous y invite d’ailleurs sans cesse.

Les conséquences des conflits armés, les effets du dérèglement climatique dans certaines régions du globe, rejettent sur les routes et sur les mers des millions d’hommes de femmes et d’enfants désemparés. Cette situation inédite oblige les dirigeants du monde entier  à répondre à cette nouvelle donne internationale et à rechercher des solutions conformes à nos valeurs. Ni l’Europe ni la France ne peuvent manquer ce rendez-vous historique.

C’est pour cela que je tiens à saluer l’engagement de toutes celles et ceux qui ont répondu présents dans ces circonstances exceptionnelles : communes, associations, citoyens engagés qui témoignent ainsi de leur attachement aux valeurs de la République et particulièrement à la Fraternité.

C’est pour cela que le Département a innové, faisant appel à la générosité, à la solidarité des familles pour accueillir les jeunes mineurs étrangers non accompagnés. C’est aussi pour cela que nous nous sommes rendus cette année en Palestine et en Tunisie pour faire vivre ces solidarités internationales, pour traduire sur le terrain notre engagement en faveur des coopérations décentralisées, pour construire la paix entre les peuples et tisser des liens indéfectibles ; faisant souffler au delà de nos frontières le vent de la liberté.

Nous fêtons la République ce soir. Nous devrions aussi pouvoir fêter l’Europe, cette Europe de la paix que nos aînés ont construite et nous ont léguée, cette Europe de la liberté mais cette Europe que nous devons aujourd’hui repenser au risque, sinon, que les peuples d’Europe ne lui tournent le dos. Cette Europe qui aujourd’hui doit tenir sa promesse sociale. Cette Europe qui doit répondre aux aspirations légitimes de ses habitants. Après la paix, après la liberté, c’est l’Europe de l’Égalité qu’ils nous demandent de construire. Comme la République, l’Europe doit redevenir une promesse.

La situation internationale ne nous fait pas oublier pour autant la situation de notre pays, et particulièrement  l’actualité sociale.

Les points de crispation semblent importants. Peut être devraient-ils, d’ailleurs, être relativisés au regard de ce que j’évoquais précédemment… Bien sûr chacun a le droit de contester un projet, de critiquer les orientations prises. C’est justement la force d’une démocratie de permettre aux citoyens de pouvoir exprimer leur opposition, de pouvoir manifester leur désapprobation. En contrepartie, il est de la responsabilité de chacun de le faire en respectant le cadre démocratique, en respectant celles et ceux qui ne pensent pas comme eux mais, surtout, en  respectant  l’ordre républicain et celles et ceux qui participent au maintien de cet ordre, dont le travail est indispensable au bon fonctionnement de la République. En cela, la consultation locale relative au transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique vers le site de Notre-Dame-des-Landes a été un moment exemplaire, loin de toute forme de radicalisme, sans violence aucune.

Un exercice démocratique de grande qualité, où toutes et tous ont pu, s’ils le souhaitaient, donner leur avis sur le devenir d’un équipement structurant  pour l’avenir de la Loire-Atlantique  et le développement de nos territoires. Fort des résultats de la consultation, j’attends en retour que toutes celles et ceux qui se sont opposés à ce projet et qui se reconnaissent dans le cadre Républicain reconnaissent en conséquence le fait majoritaire et la volonté exprimée sans aucune ambiguïté par les habitants de notre Département. Remettre en cause le fait majoritaire dans une démocratie, c’est attaquer les fondements mêmes de la Démocratie. La République ce n’est pas le coup d’éclat permanent.

Et je le dis d’autant mieux pour avoir été quelques fois minoritaire dans ma vie politique. Reconnaître l’expression majoritaire, ce n’est pas renier ses choix ni ses convictions.

Mais surtout, Mesdames et Messieurs, Chers amis, ne perdons pas de vue que l’actualité sociale de la France c’est d’abord et avant tout un contexte rude pour certaines et certains de nos concitoyens privés d’emploi, parfois durablement, parfois en situation de grande précarité.

C’est d’abord et avant tout pour ceux là, dans le cadre de nos compétences certes, mais bien au-delà, par devoir de solidarité, que nous accompagnons les personnes allocataires du Revenu de Solidarité Active.

C’est pour cela que nous construisons tous ces ponts entre les personnes privées d’emploi et les entreprises, entreprises sur lesquelles nous pouvons compter, ici, en Loire Atlantique.

Leurs savoir-faire sont reconnus dans le monde entier. Il est donc légitime que le fruit de leurs réussites bénéficie à tous les habitants de Loire-Atlantique, et particulièrement à celles et ceux qui ont été trop longtemps éloignés de l’emploi. C’est un défi solidaire que nous devons absolument relever.

C’est pour cela aussi que nous mobilisons toutes nos forces, toutes nos ressources et particulièrement nos ressources humaines. Je veux parler naturellement des agents du Département qui s’investissent dans cette mission et à travers eux à tous les agents de notre collectivité et au delà à tous les agents du service public.

Je sais que de nombreux allocataires du RSA sont là ce soir  et je tiens à les saluer  mais aussi à leur exprimer ma reconnaissance pour leur engagement au sein des groupes ressource. Sachez que j’ai particulièrement apprécié de partager  avec vous, il y a quelques jours, ce temps d’échange simple et convivial mais studieux ; tout comme nous avons été bouleversés de vous voir et de vous entendre sur scène, à Saint-Nazaire lors de la représentation de “ça commence toujours par un café”.

 La lutte contre les inégalités n’a pas de limites. Elle est un combat permanent. Les inégalités liées à l’origine, les inégalités entre les femmes et les hommes, les inégalités liées à l’orientation sexuelle, aux croyances, les violences faites aux femmes… Il faut se dresser continuellement  contre toutes les inégalités, tout simplement parce que toutes participent à la dislocation de la société, à son éclatement, à sa division.

C’est pour cela qu’au Département nous soutenons les associations qui contribuent à tisser le lien social, qui encouragent la cohésion. C’est pour cela que nous favorisons l’engagement autour des questions de citoyenneté, pour cela, encore, que nous accompagnons toutes les initiatives qui mettent au premier plan l’éducation et l’émancipation.

La République est une promesse, disais-je, une promesse aux jeunes générations, une promesse unique, celle qui affirme la citoyenneté plutôt que l’individualisme, celle qui défend la fraternité plutôt que le repli. Une promesse d’avenir et non de déclin.

Mesdames, messieurs,

Si j’ai tenu à vous inviter ce soir, comme chaque année, c’est avant tout pour vous remercier pour votre engagement en faveur de l’éducation, de la culture, du sport, de la solidarité, de l’économie… J’ai tenu à vous inviter parce que c’est vous qui, en Loire-Atlantique, écrivez chaque jour l’histoire de la République. Ce soir, c’est votre soirée. Ce que je veux retenir de la République ce soir, ce sont vos talents, votre générosité au service des autres. Je veux vous témoigner du respect que nous avons  pour votre engagement, votre implication, votre dévouement.

La République est une promesse, c’est aussi un contrat qui lie les femmes et les hommes de notre pays, une proposition faite à 66 millions d’habitants qui portent en eux leur singularité, leur originalité, leurs différences ; et parmi eux : 1,3 million d’habitants en Loire-Atlantique qui, ce soir, avec nous, fêtent la République.

Vive la Loire-Atlantique ! Vive la République ! Vive la France !


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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