Lettre à mes camarades

Cher-es camarades,

J’entends depuis quelques jours les commentateurs et autres oracles nous promettre la disparition du Parti Socialiste. Ses idées, ses combats, ses militant-es, ses élu-es… tout serait usé, dépassé, enterré. Faute d’être dans le trio de tête des sondages, nous serions relégués aux livres d’histoire. L’avenir de la gauche et de la France s’écrirait sans nous.

Si cette thèse est certainement séduisante en 140 caractères, elle oublie qu’au-delà d’être un parti, le PS c’est une famille politique. Il conjugue la force de son histoire et l’engagement de celles et ceux qui, depuis quelques semaines ou de longues années, se sont engagés dans les combats de la gauche.

Je ne sous-estime pas les tensions qui nous traversent, les déchirements qui nous menacent. Je les connais. Je les ressens. La tempête que nous vivons est sans précédent et beaucoup font le pari qu’elle emporte le bateau avec son équipage. Dans les moments de doute, connaître son histoire collective, l’œuvre commune, donne des repères et éclaire le chemin. Congés payés, réduction du temps de travail, abolition de la peine de mort, Lois Auroux, libéralisation des ondes et de l’information, RMI, minima sociaux, CMU, 35h, retraites, accès à la culture, mariage pour tous, décentralisation… C’est toujours la gauche qui, contre tous les conservatismes, a fait progresser la France vers plus d’égalité et de justice sociale.

Cela reste plus que jamais notre boussole. Pour nous, le cap est clair. Il nous faut construire un modèle de développement dans lequel les questions sociale, économique, écologique et démocratique sont pensées de façon équilibrée et complémentaire. Pour cela nous devrons enfin avoir le courage de changer les règles du jeu au plan national, en refondant notre contrat social et au plan européen, en imposant l’Europe de l’égalité et de la justice sociale. Nous devrons aussi avoir le courage de repenser un nouvel équilibre entre le social et l’économique dans un monde dominé par le capitalisme financier. Nous ne devons pas craindre le progrès technologique mais devrons veiller comme toujours qu’il soit avant tout profitable à l’Homme et soucieux de la préservation desressources naturelles.

Beaucoup d’entre nous n’ont pas connu les grands combats fondateurs de la gauche qui ont préparéla victoire de François Mitterrand en 1981. La génération politique qui vient aura à écrire un nouveau chapitre en menant ses propres conquêtes, sans oublier que toute notre histoire est celle d’une remise en cause de l’ordre établi. La tâche qui nous attend est immense. Face à une radicalisation de la droite et une montée indéniable de l’extrême-droite, c’est au Parti Socialiste de porter la bataille des idées.

Au-delà des appartenances et des nuances de chacun-e, je sais que dans la sincérité de nos engagements, nous sommes tous convaincus que seule l’action collective est porteuse de progrès. Je suis persuadé que le Parti Socialiste restera au cœur de cet enjeu.

Sans rien renier de nos différences, nous avons toujours su nous entendre sur l’essentiel pour construire un projet commun. Nous ne pourrons pas renouer avec celles et ceux qui ont besoin de la gauche si nous ne sommes pas capables de porter un projet clair qui s’appuie sur un constat sans œillère de notre action passée. Le Parti Socialiste peut, demain, retrouver le chemin du compromis qui seul permet de faire avancer les idées progressistes. La « vieille maison » doit une nouvelle fois être au rendez-vous de son histoire. Se réformer, s’ouvrir, changer ses méthodes, renouveler ses dirigeants, clarifier sa doctrine pour qu’elle puisse de nouveau s’assumer pleinement dans la bataille idéologique des combats pour l’égalité. Dans ces chantiers, il nous faut hélas rattraper le temps perdu. Nous devrons rassembler sur nos valeurs, sur nos idées, dans un débat ouvert et sincère avec tous les progressistes de gauche qui veulent réformer ce pays dans le sens de la justice sociale.

Cher-es camarades, soyons convaincus que l’avenir des socialistes s’écrit dans l’action collective, évitons les discours de tribune et assumons la clarté du débat.

C’est notre détermination collective qui nous portera pour relever ces défis.  C’est l’engagement de chacun-e dans les combats d’aujourd’hui et de demain qui permettra à la gauche de continuer d’agir pour changer la vie.

 


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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