Discours du 6 juillet 2017 – Fête républicaine

Madame la Préfète,
Madame la Sénatrice,
Mesdames et Messieurs les élu-es,
Mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Et plus généralement mes chers amis.

Mon cher Patrick Mareschal, c’est une tradition que tu as inventé de fêter ici, au Conseil départemental, la Fête de la République juste avant le 14 juillet.

Lundi dernier, nous étions réunis ici, les 62 conseillères et conseillers départementaux en session et nous avons rendu un hommage à Madame Simone Veil. Plus qu’une minute de silence, nous avons souhaité une ovation. Nous l’avons longuement applaudi. Nous avons applaudi le parcours de cette femme remarquable, unique, une grande républicaine, une humaniste, une féministe, une européenne.

Et au fond, célébrer ce soir la République, c’est prendre modèle sur cette grande dame de France, nous dire que son parcours, sa vie, ses combats, ses engagements, sont pour nous une sorte de promesse. La même promesse que celle de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité.

Cette promesse de fraternité nous la devons, bien sûr, à toutes les citoyennes et tous les citoyens, mais nous la devons encore plus à ceux qui sont les plus faibles. Parmi ces plus faibles, il y a évidemment les enfants, les enfants qui sont innocents. Et parmi ces enfants, il y a celles et ceux, qui n’ont plus, qui n’ont pas eu de famille ou qui ont été rejetés de leur famille.

En Loire-Atlantique, 5 000 enfants sont confiés au Département, pour que nous les protégions contre tous les dangers de la vie, qu’ils viennent de l’extérieur, mais plus généralement de l’intérieur même du noyau familial. Les protéger de toutes les violences, celles que pourraient leur faire subir les adultes, et aussi des violences qu’ils se font à eux-mêmes parfois.

Eh bien, quelle plus noble mission pour une collectivité ? Quelle plus ambitieuse mission que protéger l’enfance ? Plus que cela encore, nous avons le devoir de les accompagner sur le chemin de la vie, pour qu’ils deviennent des adultes responsables.

C’est ce que nous venons de faire, Madame la Préfète, ma chère Fabienne Padovani, en accueillant ici des jeunes devenus adultes, que nous avons accompagnés et que nous continuons d’accompagner pour qu’ils atteignent cette autonomie à laquelle nous prétendons toutes et tous.

À nous de nous interroger pour savoir si la République tient encore toutes ses promesses, notamment s’agissant de fraternité, quand dans le monde des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants périssent en mer pour rejoindre justement les rivages de la liberté.

Sommes-nous à la hauteur de cette ambition qu’avait exprimé les Philosophes des Lumières ? Sommes-nous à la hauteur, la France, l’Europe, de ce défi pour accueillir ces réfugiés ? C’est une question que nous devons nous poser.

Nous prenons ici notre part, vous le savez Madame la Préfète. Nous avons, du fait de la responsabilité singulière de la protection de l’enfance, la responsabilité d’accueillir, de protéger, de mettre à l’abri et d’accompagner ce que l’on appelait précédemment les jeunes mineurs isolés étrangers, qui n’ont pas changé, mais qui sont devenus les jeunes non accompagnés. Les mineurs non accompagnés, c’est une lourde responsabilité.

Je voudrais saluer ce soir, celles et ceux qui, plutôt que de nous jeter la pierre, plutôt que de nous accuser, participent avec nous à cette noble mission. Celles et ceux qui nous accompagnent dans cette mission, bien sûr tous les agents du Département, bien sûr les services de l’État, tous les services de l’État, bien sûr les associations qui nous accompagnent mais aussi ces familles accueillantes, ces familles solidaires qui se sont désignées volontaires pour nous accompagner et accueillir des jeunes venant de l’étranger. Des jeunes mineurs qui viennent ici aussi rechercher une terre de liberté. Merci à toutes et à tous.

La République est une promesse d’égalité, d’égalité pour tous.

Une promesse que nous faisons aussi ici, lorsque nous prônons une société de l’inclusion pour les 28 000 allocataires du RSA de ce Département, et ils sont ici représentés et je les salue ; lorsque nous prétendons que nous leur devons la dignité du retour à l’emploi ; lorsque nous les accompagnons ; lorsque nous passons un pacte avec le monde économique pour les remettre sur le chemin du travail.

Je ne crois pas, moi, à cette fausse utopie du revenu universel. Au contraire, nous faisons ici un autre pari, celui des territoires zéro chômage. Nous avons invité Monsieur Louis Gallois, qui est venu nous présenter cette belle ambition. Je salue la Maire de Pontchâteau, Danielle Cornet, qui est ici présente et qui est volontaire pour accueillir sur ce territoire une expérimentation zéro chômeur. Et tu le sais Danielle, nous vous accompagnerons, pour réussir cette merveilleuse ambition.

L’égalité pour tous, ce sont aussi les engagements que nous avons pris pour les personnes en situation de handicap, pour faire que cette société soit inclusive, même s’il y a beaucoup à faire encore et notamment dans le domaine de l’autisme.

Nous prenons ces engagements pour que chacune et chacun d’entre nous, dans notre société, change de regard sur les différences.

Et puis il y a les personnes âgées, celles qui sont en perte d’autonomie. Là encore, nous construisons une société de l’inclusion pour faire cette promesse républicaine, de bien vieillir en Loire-Atlantique.

Cette promesse républicaine d’égalité pour tous est-elle tenue ?
Est-elle tenue quand, nous, les responsables politiques, sommes contraints d’ajouter un adjectif à égalité pour parler d’égalité réelle, comme s’il pouvait y avoir une égalité virtuelle ?

C’est aussi une responsabilité que nous avons de veiller à cette égalité en permanence, l’égalité pour tous.

Et puis, il y a l’égalité partout, cette égalité dont nous parlons beaucoup, nous, les conseillers départementaux : l’égalité des territoires. Cette égalité qui ne veut pas dire uniformité des territoires. La France est diverse, la Loire-Atlantique est l’expression même de cette diversité : une grande métropole de France, des territoires ruraux, des territoires périurbains, des territoires littoraux. Bref une très grande diversité de notre territoire.

Alors, la vision que nous avons ici de l’égalité des territoires, ce ne sont pas des territoires uniformes mais c’est permettre aux 1 300 000 habitantes et habitants du département de pouvoir accéder, partout, quel que soit leur lieu d’habitation au logement, à la santé, à l’éducation, aux transports, au travail bien sûr mais aussi à la culture, aux loisirs.

Voilà la promesse que nous faisons, ici, en Loire-Atlantique !

Alors, cette promesse d’égalité sur tous les territoires est-elle tenue quand plus de la moitié de nos concitoyennes et concitoyens choisissent de ne plus aller voter ou bien trouvent refuge dans des votes extrêmes ?

J’ai rencontré ce matin même le Président de la République, dans le cadre d’une délégation des Présidents de l’Association des Départements de France.

Je lui ai dit : il ne peut pas y avoir « deux France ». Nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait d’un côté une France qui marche et de l’autre une France qui a souvent le sentiment d’avancer à marche forcée.

Au contraire, la France doit être unique. C’est notre ambition et c’est l’un des rôles principaux de nos collectivités départementales. C’est l’un des rôles que les révolutionnaires avaient déjà donné aux Départements de France et c’est le rôle que nous continuons à remplir, partout en France, dans les territoires ruraux, comme dans les territoires urbains et métropolitains.

Il ne peut pas y avoir une France à deux vitesses, et je dis et je le dirai et le redirai encore à toutes celles et tous ceux qui pensent que la France est un millefeuille, qu’ils s’inspirent un peu de Fernand Braudel, lui qui a inventé l’histoire longue, qui a conceptualisé la longue durée…

La décentralisation dans notre pays a 36 ans. 36 ans, quel bel âge ! 36 ans pour marier l’ambition et la raison !

Eh bien, je le dis à nos nouvelles représentantes et nouveaux représentants, aux représentants de la nation qui viennent d’être élus ici en Loire-Atlantique. Je leur dis, faites confiance aux territoires, faites confiance aux élus locaux de France, faites confiance à nos collectivités ! Et vous verrez, vous ne serez pas déçus.

Il y a tout juste quelques jours, en Loire-Atlantique, un événement international, un événement extraordinaire, The Bridge, faisait valoir justement cette Loire-Atlantique, cette France qui gagne, cette France généreuse, cette France ouverte, cette France solidaire, cette France intelligente, cette France innovante.

Voilà la France à laquelle nous aspirons, une France rassemblée dans un même élan.

C’est ce que nous nous attachons ici, en Loire-Atlantique à construire au jour le jour. Une France à l’image de l’article 1er de notre République, une république indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Voilà ce à quoi nous sommes attachés ici en Loire-Atlantique. Nous sommes les héritiers de l’avenir. Nous continuons ce que d’autres ont fait avant nous et nous léguerons à nos enfants, ce beau territoire, ce beau territoire qui rassemble toujours !

Vive la Loire-Atlantique, vive la France et vive l’Europe.


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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