Le pari de l’avenir

J’ai rendez-vous ce vendredi à l’hôtel Matignon avec le Premier Ministre au sujet du dossier du transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique vers le site de Notre-Dame-des-Landes. Ce qui se va se mesurer dans le choix du Président de la République, c’est tout simplement la valeur qu’il accorde à nos institutions et sa détermination à faire le pari de l’avenir.

L’Ouest de la France est une chance pour notre pays, en aucun cas il ne peut devenir son problème. Territoire périphérique, éloigné du coeur de l’Europe, il a su relever les défis de l’avenir et surmonter ce handicap.

L’alliance d’atouts naturels et de choix audacieux explique certainement ce dynamisme. L’Ouest de la France, c’est un patrimoine naturel et culturel envié et diversifié, un réseau de villes respectueux des équilibres et des complémentarités, une richesse industrielle reconnue internationalement, des infrastructures ayant su évoluer et s’adapter en permanence, des activités de pêche et d’agriculture qui se maintiennent et se réinventent, des centres universitaires et de recherche en pointe qui sont le germe des investissements d’avenir, notamment pour les énergies renouvelables.

Dans un moment de profondes mutations qui nous imposent de trouver un nouvel équilibre entre le développement économique et la préservation des ressources naturelles, certains cèdent à la tentation de la pause. Au contraire, en soutenant le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique vers le site de Notre-Dame-des-Landes, nous faisons le pari de l’avenir. Ce projet est au carrefour de trois défis principaux auxquels nous sommes confrontés.

Défi des mobilités : transports routiers, ferroviaires, maritimes, aériens, tous doivent concourir à connecter notre territoire aux grands axes européens. L’Europe de demain sera celle des mobilités accélérées et des déplacements quotidiens entre les métropoles européennes. Nous voulons poursuivre le rêve européen en réduisant toujours plus les distances qui séparent les habitants sur ce vaste continent.

Le maintien d’un aéroport sur le site actuel de Nantes ne peut pas répondre à ce défi dans le temps long. Son obsolescence est programmée. Le rapport commandé par le Premier ministre la situe à l’horizon 2040, soit à l’échelle temps d’une telle infrastructure, après-demain.

Le défi démographique : accueillir à l’horizon 2050 1,5 million d’habitants supplémentaires dans les régions Bretagne et Pays de la Loire tout en préservant notre espace agricole et nos ressources naturelles, est le second challenge qui se pose à nous.

Pour nous, ce formidable enjeu foncier ne se joue pas à Notre-Dame-des-Landes. Au contraire, c’est dans nos villes qu’il se gagne. Elles ne doivent plus s’étendre indéfiniment au détriment des terres agricoles. En Loire-Atlantique, nous sommes en passe de remporter cette bataille exigeante. Au coeur de la métropole de Nantes, le transfert de l’aéroport libérera une emprise foncière considérable pour y construire des logements et implanter des nouvelles entreprises. Paradoxalement, le transfert est l’une des réponses à l’étalement urbain.

Le défi démocratique : de simple projet d’aménagement du territoire, le transfert s’est transformé ces dernières années en un enjeu démocratique pour notre pays. Ayant satisfait à toutes les règles en vigueur pour ce type de construction, procédures de débat public et déclaration d’utilité publique notamment. Conforté par 179 décisions de justice qui toutes ont reconnu la conformité de ces procédures. Initié par l’État et porté par l’ensemble des collectivités locales. Soutenu par les acteurs économiques de nos deux régions. Légitimé par une consultation populaire organisée à la demande du Président de la République sur le seul périmètre pertinent de la Loire-Atlantique.
Comment dès lors notre pays pourrait-il renier ces fondamentaux de notre pacte républicain (justice, décentralisation, suffrage universel), sans prendre le risque de compromettre à l’avenir tous les projets d’équipements, publics ou privés, petits et grands ?

Ce défi démocratique est désormais entre les mains du Président de la République : c’est d’ailleurs à ce stade le seul auquel il soit réellement confronté. Ce n’est pas l’avenir de la planète qui se joue à Notre-Dame-des-Landes. Cette préoccupation, nous la partageons et nos collectivités contribuent très activement aux efforts de la France dans ce domaine. Ce qui se va se mesurer dans le choix du Président de la République, c’est tout simplement la valeur qu’il accorde à nos institutions et sa détermination à faire le pari de l’avenir.


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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