Reconnaissons l’Etat de Palestine

Le 18 décembre dernier, l’armée israélienne a arrêté une jeune adolescente palestinienne, l’accusant d’avoir bousculé des soldats israéliens, en marge d’une manifestation de protestation contre la reconnaissance unilatérale par Donald Trump, le Président des États-Unis, de Jérusalem comme capitale d’Israël.
Cette jeune fille se nomme Ahed Tamimi. Elle a seize ans et milite pacifiquement contre l’autorité israélienne. Ahed Tamimi est une héroïne.

Le 22 août dernier, l’armée israélienne a arrêté un jeune avocat franco-palestinien. Il est depuis emprisonné, sans que lui ait été présentée la raison de cette incarcération. C’est le mécanisme de détention administrative qui permet à l’armée israélienne de détenir une personne pour une période de six mois maximum, renouvelable de manière indéfinie, sans inculpation ni procès.
Ce jeune avocat se nomme Salah Hamouri. À trente-deux ans, il a déjà passé plus de six ans derrière les barreaux.

Salah Hamouri se bat pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Comme des millions de femmes et d’hommes dans le monde qui espèrent voir s’installer une paix durable au Proche Orient. Notre pays doit en prendre toute sa part. Après les résolutions votées au Sénat et à l’Assemblée nationale, c’est au Président de la République de reconnaitre – enfin ! – l’État de Palestine. Il est impossible de laisser dire Donald Trump sans réagir. Ses déclarations visant à réduire à néant le processus de paix sont insupportables. Les peuples palestinien et israélien doivent pouvoir vivre en paix. C’est l’unique objectif qui devrait guider les principaux acteurs au plan international.

 


1 commentaire

MULLER , le 19 février 2018

Monsieur le Président,

je me permets de réagir suite à la publication de votre éditorial “reconnaisssons l’Etat de Palestine” pour deux raisons :

1) LE PRINCIPE DE LA PUBLICATION : c’est par le magazine Loire-Atlantique que j’en ai eu connaissance. Je crois bien sûr que chacun doit pouvoir exprimer librement ses opinions, et que celles-ci peuvent être légitimes, quelles qu’elles soient, quant au destin que l’on souhaite pour la Palestine et les Palestiniens -
mais le choix d’une publication dans le magazine officiel du Département est-il bien indiqué pour traiter ce sujet ? je pense que ce périodique n’est pas à votre disposition personnelle – ni quant au choix du thème, ni quant aux opinions qui doivent y être défendues.
En outre, pourquoi privilégier la question palestinienne plutôt que, par exemple, celle du “continent de plastique” dans l’Océan Pacifique ou la persécution des Rohingyas en Birmanie (thèmes tout à fait arbitraires de ma part) ?

2) L’ARGUMENTAIRE : vous citez les cas d’Ahed Tamimi et de Salah Hamouri pour justifier la nécessité de reconnaître l’Etat de Palestine.
a) De ce que j’ai pu apprendre par Internet (jusqu’à ce jour, je ne connaissais pas leur existence, et encore moins leurs démêlés avec l’Etat d’Israël), il semble que leurs cas ne soient pas aussi clairs qu’il ne paraît à la lecture de votre article :
- Ahed Tamimi est en instance de jugement, et on ne saurait présager de la décision que rendra la justice israélienne à son égard ;
- Salah Hamouri, contrairement à ce que j’avais cru comprendre à la lecture de votre article, n’a pas passé six ans en prison dans inculpation ni procès ; il a été condamné pour tentative de meurtre et appartenance au FPLP (qui, à ma connaissance, figure sur la liste officielle des organisations terroristes de l’Union européenne). Sauf à considérer qu’il n’a pas bénéficié d’un procès équitable en Israël, on ne peut prétendre qu’il a été victime, avant sa dernière arrestation, de détention arbitraire.
b) En admettant même que ces deux personnes sont victimes d’injustices de la part d’Israël, en quoi leur sort légitime-t-il l’accès à la souveraineté de la Palestine ? Inversement, en considérant que la Palestine doit devenir un Etat indépendant, en quoi ceci devrait-il blanchir automatiquement tous les activistes palestiniens, quels que soient leurs actes – y compris, le cas échéant, des crimes terroristes ?

Vous remerciant d’avance des commentaires que ces réflexions vous inspirent, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée.

Geoffroy Muller

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