Discours du 4 juillet 2019 – Fête Républicaine

Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le sous Préfet,
Monsieur le Recteur,
Mesdames et Messieurs les maires,
Mesdames et Messieurs les élu.e.s, chers collègues,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est avec un grand plaisir que nous nous retrouvons ce soir pour cette 14eme fête républicaine. Ce rendez-vous estival pourrait nous sembler presque coutumier. Pour moi, il est tout le contraire. C’est un rendez-vous à chaque fois singulier qui nous oblige à sans cesse nous réinterroger sur le sens de la république.  Ce soir c’est la première fois qu’il se fait ici , au Grand T, dans ce lieu de culture. Un théâtre au cœur de Nantes mais tourné vers tous les territoires de la Loire-Atlantique, à destination de toutes les communes, et de tous les publics.

Être ici ce soir ce n’est pas anodin. C’est un choix. En proposant que nous fêtions la république dans un théâtre nous affirmons clairement que la république et la culture sont intimement liées, qu’elles se renforcent l’une l’autre en proposant à chacune et chacun un cadre pour s’exprimer et s’émanciper. L’expression artistique d’un côté, l’expression démocratique de l’autre.

Et pour symboliser ce lien entre culture et république, nous avons lancé cette année un concours pour les collégiens de Loire-Atlantique. Ce concours baptisé « et toi ta devise » a permis aux collégiens qui y ont participé de s’approprier pleinement le triptyque républicain. Parmi tous les beaux projets, une œuvre a été retenue, proposée par le collège La fontaine à Missillac. Elle est désormais gravée dans les murs de notre institution au cœur de notre hémicycle.

Pour moi ce rendez-vous est particulier aussi parce qu’il assume de mettre en avant la république. Il affirme notre attachement à ses valeurs et notre volonté de la renforcer toujours et partout.  La république française notre République, celle que l’on défend depuis 1792, revendique dans son article premier d’être une et indivisible.

Et pourtant, dans une société profondément troublée, divisée, où les intérêts particuliers s’imposent parfois aux volontés collectives nous ne devons jamais sous-estimer les dangers qui  la menacent. À force de grands reculs et de petits renoncements, le risque est grand que la république s’affaiblisse.  Si la République s’éloigne des valeurs qui l’ont portées, alors les citoyens prendront leurs distances avec elle.

Mais comme Pierre Mendès France l’affirmait déjà avec une belle lucidité :  « la république doit se reconstruire sans cesse car elle est éternellement inachevée ».

C’est pourquoi le mouvement des gilets jaunes qui a traversé la France pendant plusieurs mois doit être un signal d’alarme. Des pans entiers de nos concitoyens nous ont dit leur souffrance, leur colère et bien souvent leur déception. Nous ne pouvons pas traiter cela par le mépris ou l’indifférence. Nous ne pouvons pas considérer qu’ils ont forcément tort car ce qu’ils disent bouscule nos analyses. Évidemment la violence qui a accompagné le mouvement doit être condamnée sans ambiguïté, elle n’est jamais acceptable. Mais elle ne doit pas nous servir de prétexte pour masquer ou discréditer des questions légitimes que nous posent les français.

Les questions qui nous sont posées sont simples : qu’avons-nous encore à proposer comme projet collectif qui nous rassemble ?  Sommes-nous capables, ensemble, de faire face aux défis qui sont devant nous ?

Au fond, ce sont ces mêmes questions que sont venus nous dire les jeunes mobilisés pour le climat que nous avons reçus dans l’hémicycle du Département en mars dernier. Ils expriment eux aussi une colère face à ce qu’ils considèrent comme des renoncements. Ils nous disent eux aussi l’urgence d’agir.

L’urgence climatique bien sûr, l’urgence sociale, mais aussi l’urgence démocratique. Ces trois urgences sont indissociables. Nous n’apporterons pas de réponse à la hauteur des enjeux si nous ne traitons pas les trois en même temps. On ne peut pas relever ces trois défis en opposant le peuple et les élites, les villes et les campagnes, les métropoles et les communes rurales, les français et ceux qui ne le sont pas, ou qui le seraient moins. Au contraire, appuyons nous sur La force de la République une et indivisible pour recréer du commun.

Appuyons nous sur notre République  décentralisée pour inventer les solutions sur nos territoires. C’est la force du modèle français et la Loire-Atlantique est au rendez-vous.

Pour l’urgence climatique le défi est immense pour notre département : celui tout à la fois d’atténuer tout ce qui conduit au réchauffement et au bouleversement climatique  mais, « en même temps » de développer un modèle économique et social qui prenne en compte ses conséquences.  Nous avons déjà fait beaucoup, mais beaucoup reste à faire. Zéro pesticide sur les routes, espaces naturels sensibles, promotion de l’agriculture biologique, mise en place de périmètre de protection pour les espaces agricoles, actions de sensibilisations pour les collégiens, transport solidaire, covoiturage.

Aujourd’hui, nous proposons d’aller encore plus loin avec l’objectif d’une préservation de notre foncier par le « zéro artificialisation net» des sols. La Loire-Atlantique est le premier Département en France à s’engager aussi fortement pour freiner durablement l’urbanisation de nos territoires.

Mais cette rupture écologique ne doit pas se faire à n’importe quel prix. Nous devons entendre et comprendre la crainte exprimée sur les ronds points ces derniers mois de celles et ceux qui ont le sentiment de payer la mutation écologique sans en bénéficier.  C’est pourquoi l’urgence écologique doit être accompagnée d’une réflexion nouvelle sur l’urgence sociale.  Vouloir traiter l’urgence écologique sans prendre en compte sa dimension sociale, c’est condamner toutes nos actions à l’échec. Vouloir traiter l’urgence sociale en renonçant à toute ambition environnementale, c’est installer durablement nos concitoyens les plus fragiles dans la précarité.

Contre la pauvreté nous devons tout tenter.

C’est ce que nous faisons en accompagnant la commune de  Pont-Château pour expérimenter le dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée ». C’est ce que nous faisons lorsque nous candidatons avec 20 Départements pour expérimenter le revenu de base universel.  Lutter contre la pauvreté c’est aborder le problème de la précarité dans sa globalité, à travers l’éducation, le soutien aux familles, la santé, le logement, la dépendance,  la culture.  Lutter contre la pauvreté c’est faire en sorte que les populations les plus précaires puissent être accompagnées vers le droit commun, qu’il n’y ait pas des collèges pour les pauvres et des collèges pour les autres,  une alimentation pour les pauvres et une pour les autres,  un droit pour les pauvres et un droit pour les autres, mais le même droit pour tous, avec cette volonté de disposer des mêmes accès aux services essentiels.

Enfin lutter contre la pauvreté c’est s’appuyer sur le pouvoir d’agir des personnes sur les  politiques qui les concernent. On ne construit pas une politique sans qu’elle soit partagée.   Notre système de protection sociale ne se réduit pas au versement de prestations. Il est bien plus que cela, il est bien mieux que cela.

En Loire Atlantique nous ne nous contentons pas de distribuer des aides ou d’administrer des dispositifs. Ici, nous accompagnons des personnes sur les chemins de l’emploi, de la dignité, de l’émancipation.

Parce que la pauvreté et l’exclusion fragmentent notre société, elles représentent un danger pour la république.

Lutter contre la pauvreté, c’est lutter pour la citoyenneté. Lutter contre l’exclusion, c’est défendre la démocratie.

La démocratie… parlons en de la démocratie. La participation aux élections européennes a été plus forte que ce qui était annoncé. Nous devons collectivement nous en réjouir.  Mais nous sommes à la veille d’un nouveau défi démocratique, d’un rendez vous électoral majeur pour l’avenir de nos communes.

Je connais trop les travers et les outrances auxquels ces périodes peuvent conduire. Je sais que, parfois, elles sont propices à des expressions et des stratégies qui abaissent la politique et desservent nos concitoyens.

Alors, ce soir, je nous invite à nous méfier de nous-même. L’ enjeux est trop important. Quels que soient nos candidats, quelles que soient nos orientations politiques, nous devrons collectivement faire de cette élection une réussite démocratique. La commune est l’échelon de base de la démocratie. C’est par elle que, bien souvent, les citoyens perçoivent de manière concrète la république.

N’ayons pas peur des débats, n’ayons pas peur des confrontations d’idées.  Je crois profondément à la sincérité en politique.  Ces élections doivent être l’occasion de débats sincères entre nous.  Nos concitoyens attendent des responsables politiques qu’ils soient à la hauteur du moment, qu’ils présentent des visions de leurs territoires et qu’ils s’engagent pleinement pour la réussite collective, dans le respect de la souveraineté populaire.

La capacité de la Loire-Atlantique à relever ces trois défis, écologique,  social et démocratique, ne viendra pas des seuls élus, des seuls pouvoirs publics.  Nous avons besoin de l’engagement de chacune et de chacun. C’est pour cela que ce soir, nous vous avons invité pour fêter la république. Ce sont vos engagements, vos actions, vos projets qui contribuent à la réussite de la Loire-Atlantique et donc à la réussite de la république.

Je suis confiant sur la période qui s’ouvre. Elle sera exigeante pour nous,  mais si nous savons écouter, innover, prendre des risques tout en étant intransigeants sur les valeurs qui nous animent alors  nous saurons trouver les réponses collectives.

Belle fête de la République à toutes et à tous.

Vive la Loire-Atlantique et vive la République.


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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