Crise sociale : il est encore temps d’agir pour lutter vraiment contre la pauvreté.

Alors que la crise sanitaire qui frappe notre pays s’est rapidement conjuguée à une crise sociale majeure, les annonces faites par le Président de la République le 20 octobre 2020 ne sont clairement pas à la hauteur.

Les départements ont fait face à leurs responsabilités dès le début du confinement en mars en mettant en place autant de boucliers sociaux que leurs compétences le leur permettaient. Aides financières d’urgence, aides au loyer, fonds de soutien aux associations, notamment celles œuvrant dans le champ des solidarités et ayant assumé tout au long de ces semaines les distributions alimentaires, etc. Ces décisions ont permis dans l’urgence de maintenir un filet de sécurité minimal au profit des plus fragiles de nos concitoyens.

Pendant ce temps, le Gouvernement présentait un plan de relance sans volet social, sans contreparties exigées des entreprises. Le Gouvernement enterrait le Revenu Universel d’Activité. Le Gouvernement présentait un projet de loi de finances 2021 qui ne prend pas la mesure de l’urgence sociale.

Aujourd’hui, alors que nous devons faire face à la 2ème vague, on parle de 800 000 emplois détruits, un million de « nouveaux pauvres », un nombre d’allocataires du RSA qui explose, des jeunes touchés de manière dramatique par les conséquences économiques de l’épidémie, autant de signaux d’alerte qui auraient dû amener l’exécutif à engager avec l’ensemble des acteurs une réflexion collective et profonde sur les leviers principaux à activer pour lutter contre la pauvreté qui se développe de manière inquiétante parmi une frange très large de la population de notre pays. Au lieu de cela, une proposition de prime aux allocataires du RSA et des APL qui, si elle représentera une aide non négligeable pour les personnes, ne constitue pas une réponse à la hauteur de l’urgence sociale que la période exige pourtant.

Cette prime, unique, ne représente par définition pas une revalorisation durable de l’allocation, condition pourtant indispensable pour pouvoir assurer une certaine stabilité et s’engager dans un projet d’insertion sociale et professionnelle pérenne. De plus, elle exclue tous les jeunes qui ne sont pas dans les « radars » des institutions, ceux qui ne bénéficient d’aucune allocation aujourd’hui, les jeunes sans-abris, en squat ou hébergés. Les « invisibles », je dirais plutôt les « ignorés ». Alors qu’un quart des 18/25 ans vit sous le seuil de pauvreté, je suis convaincu qu’il est désormais urgent d’ouvrir le RSA aux moins de 25 ans. Nous ne pouvons laisser nos jeunes aborder leur vie d’adulte cernés par la précarité.

Cela fait plusieurs années que je porte avec un certain nombre de collègues présidents de département l’urgence de nous laisser la possibilité d’expérimenter le revenu de base. Ce revenu, simplifié, automatique, inconditionnel, peut constituer un outil pour contrer la pauvreté mais aussi une opportunité de repenser notre rapport au travail et à l’accompagnement des personnes.

La Journée mondiale du refus de la misère a lieu ce samedi 17 octobre. Nous attendons du Gouvernement des annonces fortes qui permettent de raccrocher les centaines de milliers de personnes qui tombent chaque jour un peu plus dans la précarité et la pauvreté. Il est encore temps.


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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