Troisième session départementale 2020

Retrouvez ici mon discours d’ouverture de la 3e session départementale de l’année 2020, qui s’est déroulée le 12 octobre 2020 :

Chers·ères collègues,

Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la même configuration qu’en juin, dans cet hémicycle adapté, mais avec cette fois-ci une nouvelle obligation, celle de porter un masque. Cet impératif du port du masque obligatoire à l’intérieur et également à l’extérieur témoigne, malheureusement, de l’évolution inquiétante et continue de la situation sanitaire de notre pays causée par la Covid 19. Des restrictions sont annoncées chaque semaine par le gouvernement, au regard de la dégradation des indicateurs de suivi ; ce qui nous oblige à nous adapter en permanence et à prendre les mesures nécessaires afin de protéger la population.

Dès mars, en plein pic de l’épidémie, nous avons su faire face à l’urgence pour protéger nos concitoyennes et concitoyens avec notamment la commande de masques et la production de gel hydroalcoolique. Nous avons rapidement déployé des moyens financiers pour soutenir les publics fragilisés avec le vote d’une aide solidarité de 200 euros par personne, ainsi que les secteurs durement impactés par le confinement total avec des fonds de soutien et un plan de relance d’un montant de 21 millions d’euros.

Mais maintenant, nous devons continuer à anticiper les impacts à moyen et long terme de cette crise sanitaire tant économiques que sociaux pour prendre, en conséquence des mesures fortes pour faire face à la crise sociale qui émerge.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, une vague de pauvreté s’abat sur notre pays. Durant le confinement, les demandes d’aide alimentaires se sont envolées, des emplois ont été détruits (au 1er semestre 2020, 715 000 emplois en France) et le chômage pourrait atteindre 9,5 % de la population active en cette fin d’année.  La crise sanitaire et sociale a mis à nu les inégalités sociales grandissantes en France, avec les plus pauvres qui se paupérisent encore davantage.

Cette situation alarmante nous impacte directement, au Département, compte tenu de l’augmentation du nombre des allocataires du RSA. En 6 mois, nous comptabilisons 2 700 allocataires du RSA en plus. Pour faire face à cette évolution et puisque rien n’est fait au plan national pour soutenir les Départements, nous sommes contraints, et nous en débattrons lors de cette session, d’augmenter le budget consacré aux politiques sociales.

Au-delà de ces réponses locales, il est également urgent que le gouvernement propose lui aussi des mesures fortes pour éviter le basculement de ces personnes privées d’emplois vers de l’extrême pauvreté. Un « acte 2 » de la stratégie anti-pauvreté doit être présenté dans les jours qui viennent et j’espère qu’il sera à la hauteur des enjeux sociaux auxquels notre pays est confronté. Car à ce jour, aucun engagement budgétaire spécifique n’est prévu ni dans le plan de relance, ni dans le projet de loi de finances. Toutefois, le chômage partiel est maintenu mais malheureusement, il ne protège pas ceux qui sont dans la plus grande précarité, notamment ceux en contrats d’intérim, les CDD, le travail à temps partiel ; c’est à dire les jeunes.

N’oublions pas que les principales victimes de cette crise sociale, ce sont les jeunes. Avec une augmentation de plus de 18 % du nombre de demandeurs d’emplois de moins de 25 ans, ils sont plus durement frappés par cette conjoncture. Par conséquent, des décisions s’imposent pour ne pas laisser ces jeunes, cette génération, face au désarroi, à l’inquiétude et à la peur de l’avenir. Nous ne pouvons pas accepter que notre jeunesse soit systématiquement la variable d’ajustement sur le marché du travail. Notre devoir est de les accompagner, en particulier ceux qui sont peu qualifiés et qui sont plus fragiles.

D’où notre décision durant le confinement, salué par les professionnels de la protection de l’enfance, d’allonger le « contrat jeune majeur » jusqu’à 25 ans permettant ainsi à ces jeunes issus de la protection de l’enfance d’être accompagnés plus longtemps. Nous aborderons également lors de cette session notre volonté d’apporter une aide d’urgence via le fonds d’aide aux jeunes.

Mais les réponses ne peuvent pas être seulement au niveau local, l’État doit rapidement prendre des mesures pour parer à l’urgence et surtout réorienter sa politique sociale, en particulier la réforme de l’allocation chômage qui touche de plein fouet les jeunes.  Les moins de 25 ans ont malheureusement peu de filets de sécurité quand leurs insertions professionnelles ne se déroulent pas comme prévues.

Au-delà des jeunes qui ont perdu leurs emplois et les jeunes diplômés qui rentrent aujourd’hui sur un marché du travail contraint, il y a aussi les jeunes qui ont décroché scolairement à cause du confinement et que nous devons raccrocher via des apprentissages, des réorientations, des mises en réseaux professionnels.

Cette génération appelée la génération « Covid » voire même la « génération sacrifiée » a besoin, aujourd’hui et plus que jamais, de soutien de la part des pouvoirs publiques pour éviter de rester au bord du chemin.

Les Départements ont été fortement mobilisés durant le confinement pour gérer l’urgence et ils le sont encore pour répondre à la crise sociale. Les dépenses augmentent fortement (RSA) alors que les recettes diminuent (DMTO). Tout cela a un coût mais l’Etat ne nous vient pas en aide.

Chers collègues, lors de cette journée de session, nous allons débattre de mesures liées à cette crise sanitaire, que nous prenons pour parer aux situations difficiles. Nous ne savons pas quand la situation sanitaire de notre pays s’améliorera mais inévitablement, cette crise laissera des traces.


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A propos…

Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, je partage ici tout ce qui fait mon actualité, mes réactions politiques et mes coups de coeur.

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